
UNE MENACE DANS LE VENT
Nous sommes depuis plusieurs années confrontés à une forme tout à fait nouvelle d’agression brutale : l’invasion des éoliennes géantes qui, si nous ne réagissons pas, risquent de transformer en véritables zones industrielles les sites et le cadre des monuments les plus emblématiques de France. La protection de nos demeures n’est plus qu’une garantie fragile, voire illusoire.
CHRISTINE ADRIEN, déléguée VMF Europe
et ROBERT MENEGOZ, VMF Gard.
Les VMF soutiennent la manifestation du 6 octobre 2007
Europa Nostra condamne la planification négligente relative aux éoliennes :
http://www.europanostra.org/lang_fr/index.html
Vent de colère fédère les associations luttant contre l'éolien industriel :
www.ventdecolere.org
Communiqué de presse du 21 mars 2005 :
Loi d'orientation sur l'énergie : la position des associations
On voit déjà des éoliennes géantes massacrer des sites remarquables (Avignonet-Lauragais, dans l’Aude). La menace se généralise d’un bout à l’autre de la France. Cette menace pèse aujourd’hui sur l’abbaye de Fontfroide, le château cathare de Saint-Martin-de-Toques (Aude) et le château de Thoiry (Yvelines). Plus de cinq cents éoliennes ont été implantées sur notre territoire, on nous en promet huit mille d’ici 2010 !
Dans le cadre de l’adhésion de l’Europe aux accords de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), la Commission européenne, réunie le 7 septembre 2001, a fixé pour chaque pays une augmentation de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables. Cette directive européenne est une recommandation, un objectif indicatif, sans contrainte ni pénalité. Chaque pays, dont la France, peut choisir librement quelles technologies utiliser : rien ne l’oblige à miser sur la plus nuisible et la plus aléatoire d’entre elles : l’éolien. La France peut dire non.
L’arrêté Cochet du 8 juin 2001 qui fixe le prix du rachat du courant éolien par EDF à trois fois le prix du marché n’est probablement pas étranger au vif intérêt des promoteurs éoliens pour cette manne financière.
Nous pensons utile pour nos adhérents de rappeler quelques mesures à mettre en pratique d’urgence et en amont de toute action de défense. N’attendez pas l’enquête publique pour réagir ! À ce stade, l’essentiel est déjà joué. Une association peut, plus efficacement qu’un particulier, s’opposer à une implantation d’éoliennes. Seules les associations agréées de protection de l’environnement ont le droit d’exiger de la mairie une copie du dossier de demande de permis de construire et de l’étude d’impact qui tente de faire croire que les éoliennes géantes sont quasi invisibles. Les VMF et leurs délégués sont habilités à le faire (1).
Les personnages clefs et tout-puissants pour accepter ou refuser un projet sont les maires des communes, souvent mal informés ou trompés par des informations incomplètes ou inexactes sur les espérances financières réelles et les nuisances non moins réelles à mettre dans la balance. Le maire transmet au préfet la demande de permis de construire avec un avis favorable ou défavorable. S’il est défavorable, jamais un préfet, jusqu’à ce jour, n’est allé contre l’avis d’un maire. Le préfet signe le permis de construire en raison de son caractère industriel. En cas de conflit après signification du permis du construire, le maire dispose d’un délai de deux mois pour s’opposer au permis.
Une circulaire datée du 10 septembre 2003 a été adressée aux préfets par trois ministres : Roselyne Bachelot (Environnement), Nicole Fontaine (Industrie) et Gilles de Robien (Équipement). Cette circulaire est un outil subtil dont une lecture très attentive donne curieusement des armes pour et contre l’invasion anarchique des éoliennes industrielles : à nous d’en faire bon usage.
L’opinion commence à prendre conscience des nuisances engendrées par ces projets : massacre des paysages, conséquences sur le bruit, la réception de la télévision, la faune sauvage (la collision avec les oiseaux), la désertion des touristes, la dépréciation immobilière et foncière, l’impossibilité d’accès aux Canadair en cas d’incendie. Il s’avère également que les éoliennes ne fonctionnent qu’un tiers ou un quart de leur temps. Pour compenser les irrégularités de cette production, il est impératif de faire appel à d’autres énergies venant souvent de centrales thermiques qui sont, elles, génératrices de gaz à effet de serre.
En face du matraquage médiatique pro-éolien se lève une opposition raisonnable et bien informée, rassemblant de nombreuses associations en France, soutenue par des personnalités et des élus à tous les niveaux et de plus en plus nombreux. Les travaux des huit associations nationales de défense du patrimoine bâti et paysager (G8) commencent à s’orienter dans ce sens. Nos délégués ont tous reçu un mémoire, courant février, leur indiquant la marche à suivre. Ils sont aujourd’hui en mesure de vous répondre.
Nous avons de sérieuses raisons de ne pas baisser les bras, et même d’avoir bon espoir de sauver de nombreux sites menacés. N’oublions pas que l’énergie renouvelable signifie aussi l’hydraulique, le biocarburant, la pile à combustible, la géothermie, l’énergie solaire. Ces autres sources d’énergie ne bénéficient ni des subventions nécessaires, ni d’une politique tarifaire incitative d’achat, à la différence des éoliennes.
En tout état de cause, les études actuelles montrent que la production des énergies renouvelables ne pourra malheureusement se substituer à celle des centrales nucléaires.
(1) Les VMF sont agréées au titre de l’article L.160-1 du Code de l’urbanisme dans un cadre national, le 10 septembre 1987 (agrément n° ENV.A.87.001 74) et remplissent les conditions exigées par les décrets ultérieurs des 2 février 1995 et 23 septembre 1998.
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